Rogier mène l’enquête…

 

Je viens de terminer avec ravissement la lecture de «Dans les Bois Eternels » de Fred Vargas. Un véritable page-turner que j’ai eu bien du mal à lâcher avant le mot « fin ».

Fred Vargas est une écrivaine française qui montre toute son érudition quel que soit le registre choisi: polar, monde animalier, nature humaine et archéologie.

En l’occurence, « Dans les Bois Eternels » est un polar dans lequel on retrouve son héros récurrent, le commissaire Adamsberg que l’auteure a doté d’une capacité de créativité, de déréflexion (voir Frankl) et d’une intuition hors du commun.

Au-delà de la dimension divertissante du roman, j’ai eu, tout au long des 400 pages, le sentiment d’assister à une succession de séance de coaching. Chaque détail était important, tout était systémique, les descriptions de Vargas reprenaient des éléments très différents en les mettant en lien les uns avec les autres. Cependant, dans l’essentiel, l’auteure montrait combien la prise de distance, le prendre soin de soi, la capacité de s’aérer étaient au cœur des interventions de son héros.  Lire la suite

Des larmes plein les cieux…

Aujourd’hui, j’ai beaucoup pleuré en assistant à la représentation de « L’Homme de la Mancha » à Louvain-la-Neuve. Grand amateur du maître, Filip Jordens y reprenait avec panache le rôle tenu jadis par Jacques Brel. Et le moins que l’on puisse dire est que l’émotion était au rendez-vous. Acteurs et musiciens étaient pleinement engagés, centrés, présents à eux, à l’œuvre et au public. Ce que ces artistes ont fait passer à travers leur interprétation était un pur bonheur de communion, de trans-subjectivité et d’empowerment. Figurez-vous que je me suis senti grandi, comme regardé par eux. J’étais Dulcinea. Tout au long du spectacle, je sentais mon cœur s’ouvrir, accueillir, je percevais petit à petit les mots chantés comme sortant de ma propre bouche. Et je pleurais d’émotion d’être ainsi entrainé sur la scène, dans le monde, dans la vie. J’en avais l’autorisation, j’y étais invité, j’y étais.

Quel spectacle ! Quelle épreuve ! Lire la suite

Ecouter le silence…

C’est pas que je sois particulièrement mondain mais, comme tout le monde j’espère, j’ai une vie sociale. Conférences, vernissages, sorties culturelles, diners et soirées ponctuent agréablement ma vie. Lors des rencontres que ne manquent pas de générer ces divers événements, j’en entends parfois de belles:

-«Alors, il paraît que tu es coach. Un de mes amis l’est aussi, il travaille dans une salle de fitness… »

-«C’est pas un peu galvaudé, ce terme depuis quelques années? »

-«Tu dois quand même avoir toutes les solutions à tous les problèmes, alors? »

-«Qu’est ce que tu ferais, toi face à mon boss ? Non, t’inquiète, j’ai juste besoin d’un petit conseil … »

– …

Si ces quelques répliques témoignent surtout de l’ambiguïté relative à l’appellation « coach » et d’une certaine méconnaissance de la pratique du coaching, elles me font tout de même sourire. Elles me rappellent notre ancien médecin de famille qui, il y a très longtemps, nous disait éviter les soirées mondaines parce qu’il n’y trouvait jamais la paix:  Lire la suite

Reconnaître les « faux » signes de reconnaissance…

Il y a deux semaines, je levais pour vous un coin du voile sur le coaching de Vinciane. Souvenez-vous: le coaching était lancé, l’alliance semblait créée entre coach et coaché, la relation était fluide, il y avait suffisamment de présence pour que Vinciane s’exprime et on pouvait même observer une ouverture à la remise en question. 

Face au besoin de sécurité et de reconnaissance que Vinciane reconnaissait sans trop de difficulté, il me fallait veiller à ce que ma ma voix ne se rajoute pas aux deux précédentes. Il était alors essentiel que j’accorde à Vinciane protection et permission.

-«Reprenons l’exemple avec lequel tu es arrivée ici. Ton boss t’arrête dans ton discours. Que faisais-tu alors ? Répondais-tu à sa demande ? »

-«Je donnais un signe de reconnaissance à mon collègue. Non, ce n’était pas la demande de mon boss. Non, ce n’était même pas la demande de mon collègue. Mais c’est quand même toujours bon de donner des signes de reconnaissance, non ? » Lire la suite

Du coeur à l’ouvrage

Elles s’appellent Chantal, Stéphanie ou Christiane. Ils se nomment Pierre, Michel ou Max.  Ce sont des personnes de compagnie qui donnent de leur temps pour accompagner d’autres personnes moins valides, à mobilité réduite ou malades. La plupart le font de manière bénévole.

Dernièrement, l’une d’elles accompagnait Annie dans son déplacement afin de lui permettre d’assister à un séminaire consacré au travail.

Lors d’une pause, nous nous rencontrons au détour d’une salle. Face à elle, je me sens joyeux, impressionné, touché et presque timide. Sa démarche est si belle et le cadeau qu’elle fait à Annie si précieux… Lire la suite

« Ô temps ! suspends ton vol…

… et vous, heures propices! Suspendez votre cours… »

Cet extrait du Lac de Lamartine me permet d’aborder avec vous la question du temps qui était également au centre de la dernière séance de coaching avec Vinciane.

-«Lors d’une réunion, le boss m’a coupé dans mon exposé et je n’ai pas du tout apprécié. Il m’a dit d’aller à l’essentiel, de parler de moi et de mon service. Moi, ce que j’ai entendu au-delà de ses mots, c’est que je prenais trop de temps pour parler. Or, ce temps, moi, j’en ai besoin pour structurer mon discours car, comme en atteste mon profil MBTI, ma façon de m’exprimer est de dérouler tout mon dialogue interne. »

Prenant bien soin de ne pas interrompre Vinciane, je la laisse poursuivre: Lire la suite

Ce coup de pompe me gonfle!

Mon fils me téléphone l’autre jour.

– « Alors Rodge*, comment vas-tu ? »

– « Ça va, Simon, mais qu’est-ce que je suis fatigué ! »

– « Tu sais que tu m’as déjà dit ça, il y a trois semaines… »

– « Ah bon?!? »

Je dois bien admettre qu’il a raison, le bougre. Et même si je ne suis pas coutumier de cette sensation, il me faut bien accepter le constat: je suis fatigué!

Alors, que faire de ce ressenti inconfortable? Un article, bien sûr! Lire la suite

Sexe fort? Mon oeil!

Manager dans le secteur bancaire, il est jeune et ambitieux. Alors que nous échangeons sur nos perceptions des émotions, il me dit : « En général, les hommes et les femmes ne les vivent pas de la même manière. Biologiquement, nous sommes différents et ressentons les émotions de manière différente aussi. Les femmes sont plus sensibles que les hommes d’ailleurs c’est prouvé scientifiquement ». 

Le ton et la posture qu’il emploie pour s’exprimer me surprennent, pour ne pas dire qu’ils me désarçonnent. Droit sur sa chaise, il a le regard fixe et le verbe assuré, ce qui laisse peu de place à la contradiction. « Ça ne se discute pas ! »

De mon côté, gros malaise! J’éprouve un mélange de tristesse, de colère et de peurs. Tristesse pour le fossé que je perçois entre cet homme et moi et pour ma difficulté à construire la relation. Colère car je ne veux pas me laisser phagocyter dans un tel discours. Et enfin de nombreuses peurs qu’il me semble alors utile d’analyser. Lire la suite

Ces cartes font un carton!

Depuis quelques années, les cartes ne sont plus seulement l’apanage des cartomanciennes et autres diseuses de bonne aventure. En effet, de plus en plus de professionnels de l’accompagnement y font appel dans leur pratique. 

Sans grand rapport avec les classiques tarots divinatoires, les cartes auxquelles je fais ici allusion aident les consultants et autres coachés à verbaliser leurs émotions, leurs ressentis, voire leurs intuitions. Utilisé à bon escient, ce média a une vertu essentielle: il libère la parole pour dire, expliciter, dévoiler et mettre des mots sur une question particulière. 

Cet après-midi, notre coach du jour propose à chaque participant de tirer l’une des Cartes des Chemins crées par les Filles du Baobab (www.lesfillesdubaobab.com) et de s’en inspirer pour dire un mot en guise de clôture à la journée.

Très client de ce type d’exercice, je tire une carte et je découvre celle où l’on voit un panneau indiquant : « route barrée à 900m ». Je partage alors ce qui me vient à l’esprit: « 900m, c’est suffisamment long pour rencontrer de nombreux chemins de traverse et autant de surprises et de rebondissements. Le chemin n’est jamais complètement bouché… ». Lire la suite

Quand le philosophe éclaire le leader…

Roland est le patron d’un groupe international. En tant que leader, il manifeste une très haute exigence quant aux valeurs qui sont les siennes et qu’il entend bien suivre, vivre et transmettre.

Je l’accompagne depuis quelques mois et lors de notre dernière séance de coaching, Roland me cueille par une citation lui venant de l’une de ses récentes lectures: « Un leader ne doit pas être exemplaire, il lui faut montrer l’exemple ! »

Beau et vaste sujet de réflexion…

Mais ce qui m’intéresse surtout dans la citation choisie par Roland, c’est ce qu’elle me dit de lui et des conflits intérieurs qui semblent l’animer. En effet, face aux choix qu’il doit poser en tant que responsable, il éprouve une frustration mêlée à des sentiments de peurs, de honte et de culpabilité. Car il est clair que Roland se débat dans ses propres contradictions d’homme, de mari, de père, de manager, de leader ou d’humain tout simplement. Lire la suite