Un vent nouveau sur l’enseignement?

Les choses ont bien changé depuis deux mois ! Et je ne parle pas seulement de ce qui se dans mon environnement, je pense aussi à ce que je perçois en moi. J’imagine qu’il en va de même pour vous. Ce qui m’amène à vous poser quelques questions dont les réponses m’intéressent grandement:

  • Au cours des deux derniers mois, qu’avez-vous changé dans votre regard sur le monde et sur la vie ? 
  • Que pouvez-vous dire du regard peut-être différent que vous portez désormais sur vous-même ?
  • Avez-vous pris des décisions sur votre travail, sur votre manière de vivre et les avez-vous mises en action ?

De mon côté, j’ai pris conscience de l’importance croissance du digital dans notre quotidien tant privé que professionnel. Même si, ces dernières années, j’ai assisté à bon nombre de conférences, d’ateliers et de symposiums sur le sujet, je n’avais à aucun moment imaginé les répercussions qu’auraient ces transformations sur ma vie de coach et de formateur.

J’entends encore Isabelle déplorer, l’an dernier, le manque d’aide dans la formation de coach face à l’existence d’équipes fonctionnant à distance grâce au virtuel. Aujourd’hui, ce n’est même plus concevable de ne pas en tenir compte.  Lire la suite

Il y a des jours comme ça…

Ce matin, ce n’est clairement pas la grande forme. Je suis songeur, silencieux et renfermé. Même une balade en forêt avec Bélie a été impuissante à m’apaiser avant de commencer à travailler. C’est dire…

Pas tellement désireux de poursuivre la journée en mode « morosité ronchonne », je décide de me poser pour réfléchir. Et face à ce que nous traversons actuellement, j’ai bien envie de donner plus de place à notre existentiel.

Pour mener ma réflexion, je prends le parti de la structuration du temps en trois espaces: l’avant Covid19, le pendant et l’après Covid19.

Nous pouvons reconnaître les deux premiers espaces (avant et pendant) dans notre manière de « vivre, d’expérimenter, de refuser, de marchander ou de traverser » ces derniers mois et ces dernières semaines. Le troisième espace, c’est quand nous manifestons de l’impatience à écouter notre première ministre ou quand nous spéculons sur le comment sera l’après, comment nous le vivrons, ce qui nous sera possible ou permis, quelle sera notre liberté et comment nous pourrons l’utiliser. Lire la suite

Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère.

Dites-moi si je me trompe mais il me semble que j’ai toujours exprimé sur ce blog la confiance indéfectible que j’ai tant dans la vie que dans l’être humain. Le regard que je porte reste celui de la confiance et de l’optimisme même si ce dernier peut parfois être tragique comme nous l’enseigne Viktor Frankl. 

Je veux célébrer aujourd’hui encore la force de la vie et de l’amour, quels que soient les événements qui peuvent nous éprouver.  Ce que le monde traverse actuellement est inédit. En 63 ans d’existence, c’est la première fois que je connais cela. Il y a pas de mots pour décrire la situation d’aujourd’hui. Toute tentative de débusquer un complot, des erreurs humaines, de la manipulation ou une prise d’otages planétaire à des fins économico-politiques me semble vaine. Et de toute façon, cela ne change rien à ce que je vis. Lire la suite

Mon premier « mais… »

J’avais 17 ans et demi et je venais de terminer mes humanités. En Belgique, c’est l’équivalent du bac en France. Mon diplôme en poche, je rentrais chez mes parents. J’étais content, fier et heureux d’une conversation que je venais d’avoir avec Louis Abel, mon professeur de français, de latin et de grec, qui m’encourageait à entreprendre des études d’ingénieur.

Arrivé à la maison, mon père me demande : « Que vas-tu faire maintenant, fils ? » Et sans me laisser le temps de répondre, il poursuit : « Rentre dans la compagnie d’assurance dans laquelle  je suis. Ton avenir y est assuré (c’est le cas de le dire) et pour fidéliser tes clients, il faudra t’en occuper, les chouchouter, leur manifester ton intérêt et leur apporter ce dont ils ont besoin. » 

C’était à ses yeux, le travail de rêve !

Papa comprenait combien le travail était important. Pour lui, c’était même une valeur objective. Devenu adulte juste avant la guerre 40, il avait traversé des temps difficiles pour construire son existence et préserver sa famille. Il me semble que mon père était animé par trois valeurs auxquelles il tenait plus que tout: sa femme, sa famille et son travail. L’argent servait à sécuriser ces trois passions. Et donc, ce qu’il me proposait, c’était de faire mienne l’une de ses valeurs: le travail de rêve qui représentait également la sécurité tant désirée. « Plus jamais cela ! », cette phrase mainte fois rabâchée pour éviter de retourner à la guerre.

Je ne donnai cependant pas suite et entrepris des études qui me semblaient plus ajustées à mes aspirations profondes. Cette décision fut en quelque sorte mon premier « mais… »

Il y a quelques jours, nous étions le 1er mai, jour de la traditionnelle « Fête du Travail », l’occasion idéale pour vous entretenir du… travail. Lire la suite

Maintenant, nous avons le temps de le prendre…

Voilà plus de six semaines que nous sommes confinés et personne ne sait vraiment quand nous retrouverons la vie d’avant. Tous les experts, virologues, épidémiologistes, experts en santé et politiciens s’accordent sur un point: il faudra encore du temps avant d’en sortir. Oui, du temps ! 

Au même moment, d’autres experts, économistes, financiers et grands patrons disent à peu près le contraire: on n’a plus le temps de perdre du temps !

Dans les colonnes du journal Le Soir du 25 avril, Pierre Rhabi déclarait: « Aujourd’hui, l’un de nos enjeux est de retrouver le temps. Et le temps, ce n’est pas de l’argent. Un poète disait : ‘vous pouvez gronder autant que vous le voulez votre plant de légume, il ne donnera sa sève que quand ce sera le moment. Il faut écouter le cœur qui bat dans le cosmos. C’est lui qui marque la cadence. » Lire la suite

Un oiseau pour le chat

Le week-end dernier, confinement oblige, c’est« virtuellement » que j’animais un séminaire de logothérapie prévu de longue date.

A un moment, durant le week-end, je partage avec les participants le constat suivant: « Je ne sais pas. Je ne sais plus…»

A ces mots, Sylvain tente une réaction. De mon côté, j’attribue – un peu rapidement, je le confesse – sa réaction au fait qu’en Belgique, nous utilisons volontiers le verbe « savoir » pour signifier « pouvoir » (être en capacité de…). Je place alors injustement Sylvain dans la catégories des amis français qui se moquent gentiment de mes chers belgicismes. Je me contente donc de sourire et de botter en touche…

Comme nous le verrons tantôt (autre belgicisme qui signifie « tout à l’heure »), je me méprenais… Confusion et erreur de ma part.  Lire la suite

Incoachable!

Incoachable n’est pas le titre du prochain film réunissant Omar Sy et François Cluzet, c’est le cri du coeur de Denise, l’une des coaches que j’accueille en supervision. Voici d’ailleurs ce qu’elle me disait l’autre jour: 

-«Ce client me semble incoachable, il se défile tout le temps. Pourtant il est très sympa et même s’il me dit vouloir changer, pas moyen de le coacher. Tu veux bien m’aider à travailler sur moi car il doit forcément y avoir un truc ? »

Cela m’a fait penser aux propos tenus par Marie-Claire lors de l’une de ses premières supervisions de jeune coach: « J’ai l’impression qu’elle le fait exprès pour me coincer. Elle m’amène des problèmes insolubles…»

-« O.K., Denise, veux-tu bien m’expliquer ce qui amène ton client à te consulter? » Lire la suite

Faisons preuve d’ouverture!

Samedi dernier, j’avais réservé une table au restaurant pour célébrer l’anniversaire de Belinda.

La veille du jour J, comme tous les Belges, je découvre que le Conseil National de Sécurité a décidé, notamment, la fermeture des restaurants à partir de samedi. Au même moment, je reçois un sms du restaurant : « Nous sommes fermés ce samedi suite aux décisions du gouvernement. »

J’ai finalement organisé, à l’appartement, un repas aux chandelles face à la mer. Un moment très sympa, autour de quelques provisions de qualité, partiellement préparées par d’autres.

Quelques jours se sont écoulés depuis et je revois la façon dont j’ai vécu les choses. Dans un premier temps: beaucoup d’incrédulité, d’incompréhension, d’enfant rebelle, du déni évident, une déclaration personnelle de conscience…  Lire la suite

Bouh!

Il fait déjà nuit lorsque nous sortons de ce petit cinéma de Coxyde, station balnéaire peu fréquentée en cette saison.

Après avoir suivi un étroit couloir aussi long que tortueux, nous débouchons sur un parking  sombre où le vent et la pluie tiennent compagnie à notre voiture.

Je frissonne.

La suite n’est guère plus agréable. Toute la ville semble baigner dans une curieuse atmosphère d’insécurité, de noirceur et de méfiance. Cette sensation est encore amplifiée par la faune étrange qui hante les abords du magasin de nuit où nous nous arrêtons pour ravitaillement.

Mais d’où cette appréhension – pour ne pas dire cette peur – me vient-elle ? Lire la suite

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas

Cette pensée de Lao-Tseu prend tout son sens alors que je suis aux premières loges pour observer l’éclosion professionnelle de Stefani.

Après avoir terminé, en septembre dernier, ses études en finance, elle vient en effet de trouver du travail dans une grande banque franco-belge.

Et comme beaucoup de ses pairs, Stefani commence par du provisoire, de l’intermittent, de la durée déterminée: un contrat de six mois qui m’apparaît comme une opportunité des plus encourageantes.

Stefani est la fille de Bélie et c’est donc en tant que beau-père que j’ai assisté à de longs mois d’attente, d’envie, d’espoir, de rejet, de frustration et d’interrogation, voire de perte d’estime de soi avant qu’elle trouve du travail. Lire la suite