Archives mensuelles : octobre 2016

Suivez le guide (ou pas!)…

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On nous avait décrit la randonnée dans les gorges de Rouvas (en Crète) comme bucolique sur une partie, impressionnante sur une autre et apaisante sur la fin. Nous nous faisions donc une joie d’être seuls au monde pour parcourir le chemin menant à la Chapelle St-Jean, haut perchée dans une clairière dominée par les sommets environnants.

Au vu de l’affluence de marcheurs, il faut bien admettre qu’on nous avait quelque peu sur-vendu l’affaire. Nous avions choisi cette randonnée pour y trouver le silence, la solitude et un sentiment de découverte et d’expression de soi en dehors des « sentiers battus ». Or, nous nous retrouvions entourés de marcheurs sans doute mus par les mêmes aspirations…

Foi de randonneur, à défaut d’intimité à deux, nous profitions du paysage, des pierres, des ombres, de la lumière, des traces laissées avant nous, de la grandeur, de la beauté, de l’immensité, de l’intensité et de l’humilité qui se dégageaient de ce site. La fatigue, la peur et le doute faisaient aussi partie du voyage. Lire la suite

Question de (bon) sens…

Il est bien difficile de parler du sens ! Et cela d’autant plus que le mot lui-même peut revêtir plusieurs… sens. On parle en effet de sens pour désigner  la direction, la signification, la perception, le plein…

Je l’ai compris aujourd’hui en parlant et partageant avec Jerome que je supervise. Il se réjouit de voir à quel point ses interventions de la dernière année lui semblent différentes de celles des années précédentes. Son ressenti est d’être sorti de l’obligation de se battre, de gagner, de remporter des contrats coûte que coûte, ce qui lui coûtait cher en sur-adaptation, en agitation et en stress. Aujourd’hui, il éprouve ces interventions sans enjeux superflus et sans nécessité de se sur-adapter.

Ma perception est qu’il a changé son regard sur l’importance de remporter un contrat*.

Certains contrats me semblent pourtant essentiels à ma vie, même si c’est dans mon métier: Lire la suite

Je pense donc je fuis…

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« Cogito ergo sum »

Me voilà lancé dans une réflexion philosophico-existentielle à la suite de Descartes.

Je me suis longtemps contenté de la traduction « je pense, donc je suis » qui me confortait dans ma croyance en la supériorité de la pensée et de la réflexion intellectuelle. Puis un jour, j’en ai découvert une autre interprétation: « je doute, donc je suis »…

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Il y a de l’électricité dans l’être…

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Dès son entrée dans le cabinet, Violaine se montre très agitée. A peine assise, elle lève les yeux vers moi, puis vers le plafond avant de se lancer dans un long monologue. Pendant plusieurs minutes, je me garde bien de l’interrompre pour la laisser se déposer.

Rien d’urgent, je la reçois comme si c’était la première fois.

Vient tout de même le moment où je me demande quel traitement réserver à tout ce qui vient d’être dit. Quand Violaine s’exprime, quel sens donner à ce flot de paroles ?

Si par moments, son discours m’apparaît comme une évidence, une quasi certitude, à d’autres je dois me fier à mon intuition et parfois même accepter de n’en pas comprendre grand chose…

Cela me rappelle une anecdote citée par Frankl pour expliquer la logothérapie. Il avait reçu une femme américaine très agitée qui, sans hésitation, lui avait longuement parlé en anglais rapide avant de le remercier au terme de l’entretien. En conclusion, Frankl avait dit : « je n’ai rien dit, je n’ai pas compris son anglais, je n’ai pas compris ce qu’elle voulait. Mais elle m’a dit que notre rencontre l’avait fait avancer. » Lire la suite