Ce coup de pompe me gonfle!

Mon fils me téléphone l’autre jour.

– « Alors Rodge*, comment vas-tu ? »

– « Ça va, Simon, mais qu’est-ce que je suis fatigué ! »

– « Tu sais que tu m’as déjà dit ça, il y a trois semaines… »

– « Ah bon?!? »

Je dois bien admettre qu’il a raison, le bougre. Et même si je ne suis pas coutumier de cette sensation, il me faut bien accepter le constat: je suis fatigué!

Alors, que faire de ce ressenti inconfortable? Un article, bien sûr!

Les sources possibles de la fatigue s’établissent essentiellement à quatre niveaux: le biologique, le psychologique, le spirituel et l’ontologique:

Au niveau biologique

Il s’agit de la fatigue physique. Sans doute la plus facile à appréhender car elle nous vient d’un manque de sommeil, d’une activité trop intense ou d’efforts trop soutenus.

Au niveau psychologique 

C’est déjà plus complexe puisque, à ce niveau, on touche notamment aux émotions, aux deuils, aux blessures.

Au niveau spirituel

Nous sommes ici dans ce que Viktor Frankl appelait la Noétique. Des questions ouvertes sur le futur, des peurs, des angoisses, un manque de sens, le constat d’un désaccord entre notre être idéal et qui nous sommes vraiment, une trop grande énergie retenue, la déception suite à un résultat non-conforme aux attentes, la mélancolie, la vieillesse, la maladie.

Au niveau ontologique

C’est encore plus radical puisque l’ontologique est en lien avec l’immanence de la vie. Bien que nous n’ayons rien demandé, la vie nous est donnée, comme imposée et avec elle, son cortège d’inéluctables: la souffrance, la culpabilité et la finitude. Tout nous a été donné avec la vie. C’est comme si elle se condensait sur elle-même, avec nous au centre, confrontés et en même temps porteurs de cette énergie. Il y a là un côté insupportable, qui peut parfois nous faire dire « j’en ai assez ».
Pour en revenir à ma propre fatigue, elle m’apparaît finalement comme une opportunité de mieux comprendre l’étape de vie dans laquelle je suis actuellement :
Je me laisse enfermer dans la nécessité de faire, souvent plus que de raison, pour obtenir de la reconnaissance, de la valeur ou du plaisir.
J’éprouve des difficultés à dire non par crainte du manque, de la solitude et vu mon âge de l’oubli ou de rater l’opportunité nécessaire à une satisfaction complète et définitive.

C’est un comble alors même que là où je suis, j’ai tellement de plaisir à être investi au bon niveau et en totale cohérence avec mon plan de vie.

Alors quoi ? 
Pour lutter contre la fatigue, dois-je m’arrêter, m’éloigner, faire silence? 
À tout le moins, me confronter, négocier et me questionner sur ce dont j’ai vraiment besoin.
Je perçois déjà l’apport de la fatigue: j’ai à faire, à agir et peut-être même à ne plus faire.
La fatigue, c’est aussi une sensation, un affect qui me signale ma vivance. A moi d’en tenir compte pour que, une fois intégré, ce coup de pompe me regonfle… à bloc (ou pas).

 * Rodge est l’un des surnoms charmants que me donne Simon 

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2 commentaires sur « Ce coup de pompe me gonfle! »

  1. Bonjour Philippe,

    Je suis ravie que tu partages à nouveau tes inspirations, tes réflexions du moment .

    Un merci pour ce texte sur la fatigue dont il ressort ta belle authenticité.

    Lara MB

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