Neuf niveaux pour l’an neuf

Peut-être vous en souvenez-vous, fin octobre, j’évoquais pour vous le coaching de Vinciane. Dans cet article, j’avais abordé quelques notions telles que la reconnaissance, l’espace de parole, le pouvoir, la permission et l’identité. Je faisais également allusion, sans toutefois le développer, à un outil théorisé par Vincent Lenhardt à l’époque où il travaillait à la réalisation d’un film d’entreprise chez Rank Xerox: les 9 niveaux de sens.

Pour débuter cette nouvelle année d’échanges entre vous fidèles lecteurs et moi, laissez-moi vous présenter ce modèle indissociable de la pratique Coach & Team.

Dans le concept des 9 niveaux de sens, on représente par deux bonshommes et 9 liens la relation que deux personnes (ou deux équipes/groupes) entretiennent.

Le premier lien (1) représente l’intersubjectivité inconsciente entre les deux personnes ou groupes. Il parle des structures profondes entre les entités, personnes ou groupes.

Le deuxième lien (2) parle du niveau des désirs, des besoins, des émotions (notamment la peur), partagées, complémentaires ou similaires, souvent conscientes … ou non.

Le troisième lien (3) est appelé le lien opérationnel, l’opérationnel ou l’enjeu partagé opérationnel.

Le quatrième lien (4) parle des rôles et des fonctions et de tous les enjeux liés à la place que chacun occupe dans la relation.

Le cinquième lien (5) parle de l’organisation elle-même et des enjeux liés à ses objectifs, sa vision, partagés ou non.

Le sixième lien (6) parle des enjeux d’environnement, des changements, des pressions et de la qualité des réponses données.

Le septième lien (7) parle des enjeux liés au sens que chacune des parties donne et trouve dans la situation, ses valeurs, son éthique, ses croyances.

Comme le suggérait Jacques Salomé avec la métaphore de l’écharpe relationnelle, chacun de ces liens avec les enjeux qui y sont reliés sont autant d’écharpes qui montrent les différents niveaux de lien que nous entretenons les uns avec les autres.

J’étais occupé à présenter cet outil, comme je viens de le faire et je me suis arrêté. Il était temps de redonner la parole à mon interlocuteur:

-« Qu’en penses-tu ? »

-« Intéressant, me dit-il. Ça parle bien de la relation. J’imagine que quand tu parles d’enjeux, tu parles de ce qui est important pour chacun d’eux ensemble. »

-« Oui, effectivement et pas seulement. Ce qui est important, ce qu’ils partagent, ce pourquoi ils sont ensemble, ce qui est signifiant pour eux, etc. Ce n’est pas pour rien que Vincent Lenhardt en parle comme des niveaux de sens… »

-« Par contre, ce n’est sans doute pas utilisable dans toutes les situations et il me semble qu’il manque des éléments ! »

-« Ah bon? En ce qui me concerne, j’utilise régulièrement ce modèle dans mes expériences de relations. Quels éléments manquent selon toi? »

« Par exemple, la confiance en soi et en l’autre. Ca me semble essentiel dans la relation. »

« Certes. Vois-tu d’autres manquements? »

« Oui, la curiosité avec la confiance. Il y a aussi la violence, le déni, l’ascendance par exemple dont font preuve les gens dans les relations professionnelles. »

« Super ! Je vais alors terminer l’explication du concept en reprenant ce que tu relèves ! Comme tu t’en es rendu compte, je n’ai encore présenté que 7 des 9 liens, que j’appellerai comme Vincent Lenhardt, niveaux de sens. Les huitième et neuvième niveaux sont deux bulles autour de la personne. Parce qu’ils parlent de la personne elle-même.

Le huitième niveau (8), c’est comment la personne peut tenter de prendre le pouvoir sur l’autre et la relation par exemple en étant violent, en restant en retrait de la relation, en étant dans le déni, en cherchant à avoir de l’ascendant sur l’autre, comme tu l’as explicité il y a quelques minutes. On appellera ce niveau, le niveau du pouvoir.

Le neuvième niveau (9), c’est celui de l’identité de la personne. Et une grande partie de la qualité de la relation entre les personnes dépend de la qualité de l’identité des personnes elles-mêmes. En analyse transactionnelle, on parlera de leur okness. Tu as parlé de confiance et de curiosité. Cela en fait partie. Ce niveau parle de comment chacune des personnes est en confiance dans la relation, tant vis à vis d’elle-même que de l’autre…

Quant à vous, chères lectrices, chers lecteurs, maintenant que vous en savez plus sur les 9 niveaux de sens, je vous propose ce petit exercice:

Reprenez une situation récente où vous avez été en contact avec d’autres personnes (un repas, une soirée, une réunion de travail, un accompagnement, …). Quels en étaient les objectifs, les enjeux ? Comment cela s’est-il passé? A quels niveaux de sens pensez-vous que cela (le repas, la soirée, la réunion, …) s’est déroulé ? Cela était-il ajusté  à vos yeux ? Que pouvez-vous dire du niveau de pouvoir et de l’identité des parties prenantes ?

Comme d’habitude, si vous avez envie de témoigner ou d’interroger, les commentaires sur le blog vous sont ouverts…

Un commentaire sur « Neuf niveaux pour l’an neuf »

  1. Bonjour philippe, Merci pour ton article, les 9 niveaux de sens dans la relation et pas seulement dans l’identité de la personne. Je l’avais jamais vraiment vu comme ça. Belle journée à toi

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