Bouh!

Il fait déjà nuit lorsque nous sortons de ce petit cinéma de Coxyde, station balnéaire peu fréquentée en cette saison.

Après avoir suivi un étroit couloir aussi long que tortueux, nous débouchons sur un parking  sombre où le vent et la pluie tiennent compagnie à notre voiture.

Je frissonne.

La suite n’est guère plus agréable. Toute la ville semble baigner dans une curieuse atmosphère d’insécurité, de noirceur et de méfiance. Cette sensation est encore amplifiée par la faune étrange qui hante les abords du magasin de nuit où nous nous arrêtons pour ravitaillement.

Mais d’où cette appréhension – pour ne pas dire cette peur – me vient-elle ?

En rentrant à l’appartement, j’écris un mot à Johan: « Coucou Johan, nous venons d’aller voir « Parasite ». Ouahhhh, c’est décoiffant! En sortant du ciné j’avais même peur d’être agressé dans les rues sombres de Coxyde. As-tu ressenti le même malaise quand tu as vu ce film? »

Sa réponse ne tarde pas et me rassure un peu quant à ma santé mentale: « D’accord avec toi, Phil. Ce film m’a fait douter un bon moment des intentions de mes semblables, un peu comme Alfred Hitchcock fit jadis douter de la beauté d’un vol d’oiseaux… Il incite en tout cas à choisir plus soigneusement sa femme de ménage et le précepteur de ses enfants 😉 »

Tout au long du film, le réalisateur distille une atmosphère d’angoisse, de peur et d’incrédulité (« Non, ce n’est pas possible qu’on en arrive là ! ») qui persiste bien après la projection.

J’ai conseillé ce film aux participants du prochain séminaire de logothérapie et phénoménologie que je donne à Louvain-la-Neuve en mars. Le thème de ce séminaire est l’anthropologie de Frankl et Henry, ou comment du regard que je porte sur la vie, sur le monde et sur les autres découle ma manière d’être en relation. À ce titre ce film constitue un excellent support pour de prochains échanges !

Si vous l’avez vu, n’hésitez pas à partager ce que vous en avez pensé.

2 commentaires sur « Bouh! »

    1. Pierre-Etienne, certains parlent d’un climat de guerre quand d’autres invitent à prendre soin de soi et des autres ; certains utilisent encore la pédagogie noire quand d’autres pronent et vivent la pédagogie blanche. In fine, c’est à chacun de se positionner en lien, accord et résonnance avec ses ressentis et affects profonds, pas vrai !? Merci de ton commentaire qui me stimule et encore et toujours, bienvenue. Philippe

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