Tous les articles par palindrome

Who’s who

La question de savoir ce que recouvre la mission du coach et quelles sont ses limites est régulièrement abordée en formation comme en supervision. On me demande en effet souvent de distinguer le coaching d’une série d’autres métiers touchant à l’accompagnement, tant dans le cadre du travail que de celui de la vie privée: la supervision, le conseil, le mentoring, la psycho-thérapie, la formation…

Il est utile de se pencher sur cette question bien moins anecdotique qu’il y paraît. Il convient pour cela de s’entendre sur une définition précise de chacun de ces métiers et des postures qu’ils impliquent. Gardons-nous cependant de nous limiter à des définitions définitives et rigides et n’oublions pas que nous touchons ici aux domaines de la représentation, de la négociation (ou d’un consensus) et que nous agissons au niveau de leur mise en oeuvre dans le domaine de l’identité de la personne qui agit et de sa légitimité en lien avec son développement et de sa sécurité ontologique…  Lire la suite

Qu’est-ce qui nous arrive?

Je souhaite que ce blog soit un espace de réflexion, d’ouverture, de respiration et de joie d’appartenir à la vie. Pourtant, il faut bien reconnaître que la situation du monde, de notre environnement, de nos errements ne nous y invite pas franchement. Et malgré tout, à la fin du webinair que je vous invite à découvrir plus bas, Marc Halevy crie un enthousiasmant « elle est pas belle la vie ! » 

Alors relevons donc la tête, asseyons-nous bien confortablement, les deux pieds au sol et laissons-nous ressentir!

De son côté, Vincent Lenhardt a décrit dans un modèle déjà référencé sur ce blog (le chaos management) comment l’Homme peut transcender le chaos, la complexité et les crises en se recentrant sur le sens, dans les différents espaces que sont l’individuel, la relation, l’entreprise, notre environnement, le monde. Et pour ce faire, Il montre que l’Homme est appelé à un véritable changement identitaire en acquérant ou en développant une nouvelle posture, de nouvelles croyances, de nouvelles compétences, la flexibilité, l’adaptabilité, l’ajustement, l’humour, le pardon, la capacité à la coopération et à l’intimité.  Lire la suite

L’imposture n’est pas une posture tenable…

La dernière visio-conférence du Cercle Du Lac à laquelle j’ai assisté par écran interposé recevait Bruno Colmant, CEO d’une grande banque belge. Son discours parlait bien sûr de finance et d’économie mais pas seulement. En effet, il était également teinté de sociétal, de politique, de social et même de militaire… 

A l’issue de sa présentation, lorsque les participants à la conférence l’interrogeaient sur sa vision de l’avenir, chacune de ses réponses était suivie de la réflexion « c’est en tout cas mon intuition ». J’ai beaucoup aimé la simplicité et l’humilité de cet homme – pourtant expert reconnu – à se positionner dans ce que le monde est en train de vivre comme transformation, ce que Patrick Viveret appelle un bouleversement systémique.

J’ai envie de faire un lien que certains trouveront peut-être improbable avec la récente publication du comédien Vincent Lindon. Avant de vous la proposer dans son intégralité, je vous en cite un bref extrait qui résonne particulièrement en moi: «… dans cette situation inédite, stupéfiante, spécialiste en rien, intéressé par tout, j’ai voulu faire entendre une voix citoyenne, suis-je légitime pour interpeller nos dirigeants, tous professionnels de la chose publique, tous diplômés des meilleures écoles ? Pas plus qu’un autre sans doute mais pas moins non plus… »  Lire la suite

Rapprochement à distance…

La semaine dernière, je vous entretenais de la nécessité, selon moi, de maintenir de bonnes valeurs, pratiques et méthodes pédagogiques malgré les changements technologiques imposés par la distanciation prophylactique.

Nous étions dernièrement en séminaire distanciel et avions tous les yeux rivés sur notre écran avec, en ligne de mire, les vignettes de chacun des participants. L’énergie commençait à baisser dans le groupe, aussi avions décidé de faire une pause. 

Ceux et celles d’entre vous qui ne sont pas familiers de ce type de formations doivent savoir que pour assurer un état d’esprit favorable au sein du groupe, toutes les séances débutent par un exercice dit « d’inclusion ».

Durant la pause, la coach du jour s’était donc interrogée afin d’imaginer un exercice « energizer », histoire de rendre aux membres du groupe l’énergie nécessaire à la poursuite de la journée. Epaulée par Bernard, la coach proposa l’exercice « assis, debout » suivant: Lire la suite

Un vent nouveau sur l’enseignement?

Les choses ont bien changé depuis deux mois ! Et je ne parle pas seulement de ce qui se dans mon environnement, je pense aussi à ce que je perçois en moi. J’imagine qu’il en va de même pour vous. Ce qui m’amène à vous poser quelques questions dont les réponses m’intéressent grandement:

  • Au cours des deux derniers mois, qu’avez-vous changé dans votre regard sur le monde et sur la vie ? 
  • Que pouvez-vous dire du regard peut-être différent que vous portez désormais sur vous-même ?
  • Avez-vous pris des décisions sur votre travail, sur votre manière de vivre et les avez-vous mises en action ?

De mon côté, j’ai pris conscience de l’importance croissance du digital dans notre quotidien tant privé que professionnel. Même si, ces dernières années, j’ai assisté à bon nombre de conférences, d’ateliers et de symposiums sur le sujet, je n’avais à aucun moment imaginé les répercussions qu’auraient ces transformations sur ma vie de coach et de formateur.

J’entends encore Isabelle déplorer, l’an dernier, le manque d’aide dans la formation de coach face à l’existence d’équipes fonctionnant à distance grâce au virtuel. Aujourd’hui, ce n’est même plus concevable de ne pas en tenir compte.  Lire la suite

Il y a des jours comme ça…

Ce matin, ce n’est clairement pas la grande forme. Je suis songeur, silencieux et renfermé. Même une balade en forêt avec Bélie a été impuissante à m’apaiser avant de commencer à travailler. C’est dire…

Pas tellement désireux de poursuivre la journée en mode « morosité ronchonne », je décide de me poser pour réfléchir. Et face à ce que nous traversons actuellement, j’ai bien envie de donner plus de place à notre existentiel.

Pour mener ma réflexion, je prends le parti de la structuration du temps en trois espaces: l’avant Covid19, le pendant et l’après Covid19.

Nous pouvons reconnaître les deux premiers espaces (avant et pendant) dans notre manière de « vivre, d’expérimenter, de refuser, de marchander ou de traverser » ces derniers mois et ces dernières semaines. Le troisième espace, c’est quand nous manifestons de l’impatience à écouter notre première ministre ou quand nous spéculons sur le comment sera l’après, comment nous le vivrons, ce qui nous sera possible ou permis, quelle sera notre liberté et comment nous pourrons l’utiliser. Lire la suite

Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère.

Dites-moi si je me trompe mais il me semble que j’ai toujours exprimé sur ce blog la confiance indéfectible que j’ai tant dans la vie que dans l’être humain. Le regard que je porte reste celui de la confiance et de l’optimisme même si ce dernier peut parfois être tragique comme nous l’enseigne Viktor Frankl. 

Je veux célébrer aujourd’hui encore la force de la vie et de l’amour, quels que soient les événements qui peuvent nous éprouver.  Ce que le monde traverse actuellement est inédit. En 63 ans d’existence, c’est la première fois que je connais cela. Il y a pas de mots pour décrire la situation d’aujourd’hui. Toute tentative de débusquer un complot, des erreurs humaines, de la manipulation ou une prise d’otages planétaire à des fins économico-politiques me semble vaine. Et de toute façon, cela ne change rien à ce que je vis. Lire la suite

Mon premier « mais… »

J’avais 17 ans et demi et je venais de terminer mes humanités. En Belgique, c’est l’équivalent du bac en France. Mon diplôme en poche, je rentrais chez mes parents. J’étais content, fier et heureux d’une conversation que je venais d’avoir avec Louis Abel, mon professeur de français, de latin et de grec, qui m’encourageait à entreprendre des études d’ingénieur.

Arrivé à la maison, mon père me demande : « Que vas-tu faire maintenant, fils ? » Et sans me laisser le temps de répondre, il poursuit : « Rentre dans la compagnie d’assurance dans laquelle  je suis. Ton avenir y est assuré (c’est le cas de le dire) et pour fidéliser tes clients, il faudra t’en occuper, les chouchouter, leur manifester ton intérêt et leur apporter ce dont ils ont besoin. » 

C’était à ses yeux, le travail de rêve !

Papa comprenait combien le travail était important. Pour lui, c’était même une valeur objective. Devenu adulte juste avant la guerre 40, il avait traversé des temps difficiles pour construire son existence et préserver sa famille. Il me semble que mon père était animé par trois valeurs auxquelles il tenait plus que tout: sa femme, sa famille et son travail. L’argent servait à sécuriser ces trois passions. Et donc, ce qu’il me proposait, c’était de faire mienne l’une de ses valeurs: le travail de rêve qui représentait également la sécurité tant désirée. « Plus jamais cela ! », cette phrase mainte fois rabâchée pour éviter de retourner à la guerre.

Je ne donnai cependant pas suite et entrepris des études qui me semblaient plus ajustées à mes aspirations profondes. Cette décision fut en quelque sorte mon premier « mais… »

Il y a quelques jours, nous étions le 1er mai, jour de la traditionnelle « Fête du Travail », l’occasion idéale pour vous entretenir du… travail. Lire la suite

Maintenant, nous avons le temps de le prendre…

Voilà plus de six semaines que nous sommes confinés et personne ne sait vraiment quand nous retrouverons la vie d’avant. Tous les experts, virologues, épidémiologistes, experts en santé et politiciens s’accordent sur un point: il faudra encore du temps avant d’en sortir. Oui, du temps ! 

Au même moment, d’autres experts, économistes, financiers et grands patrons disent à peu près le contraire: on n’a plus le temps de perdre du temps !

Dans les colonnes du journal Le Soir du 25 avril, Pierre Rhabi déclarait: « Aujourd’hui, l’un de nos enjeux est de retrouver le temps. Et le temps, ce n’est pas de l’argent. Un poète disait : ‘vous pouvez gronder autant que vous le voulez votre plant de légume, il ne donnera sa sève que quand ce sera le moment. Il faut écouter le cœur qui bat dans le cosmos. C’est lui qui marque la cadence. » Lire la suite