Archives pour la catégorie Leçons de vie

L’imposture n’est pas une posture tenable…

La dernière visio-conférence du Cercle Du Lac à laquelle j’ai assisté par écran interposé recevait Bruno Colmant, CEO d’une grande banque belge. Son discours parlait bien sûr de finance et d’économie mais pas seulement. En effet, il était également teinté de sociétal, de politique, de social et même de militaire… 

A l’issue de sa présentation, lorsque les participants à la conférence l’interrogeaient sur sa vision de l’avenir, chacune de ses réponses était suivie de la réflexion « c’est en tout cas mon intuition ». J’ai beaucoup aimé la simplicité et l’humilité de cet homme – pourtant expert reconnu – à se positionner dans ce que le monde est en train de vivre comme transformation, ce que Patrick Viveret appelle un bouleversement systémique.

J’ai envie de faire un lien que certains trouveront peut-être improbable avec la récente publication du comédien Vincent Lindon. Avant de vous la proposer dans son intégralité, je vous en cite un bref extrait qui résonne particulièrement en moi: «… dans cette situation inédite, stupéfiante, spécialiste en rien, intéressé par tout, j’ai voulu faire entendre une voix citoyenne, suis-je légitime pour interpeller nos dirigeants, tous professionnels de la chose publique, tous diplômés des meilleures écoles ? Pas plus qu’un autre sans doute mais pas moins non plus… »  Lire la suite

Un vent nouveau sur l’enseignement?

Les choses ont bien changé depuis deux mois ! Et je ne parle pas seulement de ce qui se dans mon environnement, je pense aussi à ce que je perçois en moi. J’imagine qu’il en va de même pour vous. Ce qui m’amène à vous poser quelques questions dont les réponses m’intéressent grandement:

  • Au cours des deux derniers mois, qu’avez-vous changé dans votre regard sur le monde et sur la vie ? 
  • Que pouvez-vous dire du regard peut-être différent que vous portez désormais sur vous-même ?
  • Avez-vous pris des décisions sur votre travail, sur votre manière de vivre et les avez-vous mises en action ?

De mon côté, j’ai pris conscience de l’importance croissance du digital dans notre quotidien tant privé que professionnel. Même si, ces dernières années, j’ai assisté à bon nombre de conférences, d’ateliers et de symposiums sur le sujet, je n’avais à aucun moment imaginé les répercussions qu’auraient ces transformations sur ma vie de coach et de formateur.

J’entends encore Isabelle déplorer, l’an dernier, le manque d’aide dans la formation de coach face à l’existence d’équipes fonctionnant à distance grâce au virtuel. Aujourd’hui, ce n’est même plus concevable de ne pas en tenir compte.  Lire la suite

Mon premier « mais… »

J’avais 17 ans et demi et je venais de terminer mes humanités. En Belgique, c’est l’équivalent du bac en France. Mon diplôme en poche, je rentrais chez mes parents. J’étais content, fier et heureux d’une conversation que je venais d’avoir avec Louis Abel, mon professeur de français, de latin et de grec, qui m’encourageait à entreprendre des études d’ingénieur.

Arrivé à la maison, mon père me demande : « Que vas-tu faire maintenant, fils ? » Et sans me laisser le temps de répondre, il poursuit : « Rentre dans la compagnie d’assurance dans laquelle  je suis. Ton avenir y est assuré (c’est le cas de le dire) et pour fidéliser tes clients, il faudra t’en occuper, les chouchouter, leur manifester ton intérêt et leur apporter ce dont ils ont besoin. » 

C’était à ses yeux, le travail de rêve !

Papa comprenait combien le travail était important. Pour lui, c’était même une valeur objective. Devenu adulte juste avant la guerre 40, il avait traversé des temps difficiles pour construire son existence et préserver sa famille. Il me semble que mon père était animé par trois valeurs auxquelles il tenait plus que tout: sa femme, sa famille et son travail. L’argent servait à sécuriser ces trois passions. Et donc, ce qu’il me proposait, c’était de faire mienne l’une de ses valeurs: le travail de rêve qui représentait également la sécurité tant désirée. « Plus jamais cela ! », cette phrase mainte fois rabâchée pour éviter de retourner à la guerre.

Je ne donnai cependant pas suite et entrepris des études qui me semblaient plus ajustées à mes aspirations profondes. Cette décision fut en quelque sorte mon premier « mais… »

Il y a quelques jours, nous étions le 1er mai, jour de la traditionnelle « Fête du Travail », l’occasion idéale pour vous entretenir du… travail. Lire la suite

Maintenant, nous avons le temps de le prendre…

Voilà plus de six semaines que nous sommes confinés et personne ne sait vraiment quand nous retrouverons la vie d’avant. Tous les experts, virologues, épidémiologistes, experts en santé et politiciens s’accordent sur un point: il faudra encore du temps avant d’en sortir. Oui, du temps ! 

Au même moment, d’autres experts, économistes, financiers et grands patrons disent à peu près le contraire: on n’a plus le temps de perdre du temps !

Dans les colonnes du journal Le Soir du 25 avril, Pierre Rhabi déclarait: « Aujourd’hui, l’un de nos enjeux est de retrouver le temps. Et le temps, ce n’est pas de l’argent. Un poète disait : ‘vous pouvez gronder autant que vous le voulez votre plant de légume, il ne donnera sa sève que quand ce sera le moment. Il faut écouter le cœur qui bat dans le cosmos. C’est lui qui marque la cadence. » Lire la suite

Un oiseau pour le chat

Le week-end dernier, confinement oblige, c’est« virtuellement » que j’animais un séminaire de logothérapie prévu de longue date.

A un moment, durant le week-end, je partage avec les participants le constat suivant: « Je ne sais pas. Je ne sais plus…»

A ces mots, Sylvain tente une réaction. De mon côté, j’attribue – un peu rapidement, je le confesse – sa réaction au fait qu’en Belgique, nous utilisons volontiers le verbe « savoir » pour signifier « pouvoir » (être en capacité de…). Je place alors injustement Sylvain dans la catégories des amis français qui se moquent gentiment de mes chers belgicismes. Je me contente donc de sourire et de botter en touche…

Comme nous le verrons tantôt (autre belgicisme qui signifie « tout à l’heure »), je me méprenais… Confusion et erreur de ma part.  Lire la suite

Faisons preuve d’ouverture!

Samedi dernier, j’avais réservé une table au restaurant pour célébrer l’anniversaire de Belinda.

La veille du jour J, comme tous les Belges, je découvre que le Conseil National de Sécurité a décidé, notamment, la fermeture des restaurants à partir de samedi. Au même moment, je reçois un sms du restaurant : « Nous sommes fermés ce samedi suite aux décisions du gouvernement. »

J’ai finalement organisé, à l’appartement, un repas aux chandelles face à la mer. Un moment très sympa, autour de quelques provisions de qualité, partiellement préparées par d’autres.

Quelques jours se sont écoulés depuis et je revois la façon dont j’ai vécu les choses. Dans un premier temps: beaucoup d’incrédulité, d’incompréhension, d’enfant rebelle, du déni évident, une déclaration personnelle de conscience…  Lire la suite

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas

Cette pensée de Lao-Tseu prend tout son sens alors que je suis aux premières loges pour observer l’éclosion professionnelle de Stefani.

Après avoir terminé, en septembre dernier, ses études en finance, elle vient en effet de trouver du travail dans une grande banque franco-belge.

Et comme beaucoup de ses pairs, Stefani commence par du provisoire, de l’intermittent, de la durée déterminée: un contrat de six mois qui m’apparaît comme une opportunité des plus encourageantes.

Stefani est la fille de Bélie et c’est donc en tant que beau-père que j’ai assisté à de longs mois d’attente, d’envie, d’espoir, de rejet, de frustration et d’interrogation, voire de perte d’estime de soi avant qu’elle trouve du travail. Lire la suite

Echanger et changer… de regard

La veille des funérailles de Annie, j’ai passé la nuit en France, chez Sylvain. La soirée était déjà bien avancée lorsque nous avons commencé à parler de la Belgique où je vis. Sylvain me faisait part de sa perception de l’un des particularismes qui rendent la Belgique à peu près incompréhensible pour ceux qui n’y vivent pas: la cohabitation compliquée et parfois houleuse de deux communautés très différentes, les Flamands au Nord et les Wallons au Sud.

Alors que les médias font leurs choux gras des frictions entre Wallons et Flamands, Belinda et moi entretenons des liens d’amitié avec plusieurs couples mixtes: wallon-flamands, libano-belges, belgo-turcs, etc. D’ailleurs, Belinda et moi formons nous-mêmes un couple mixte, puisqu’elle est Arménienne de Turquie et que je viens de Gaume, adorable région du Sud de la Belgique. Lire la suite

Sax aphone…

Le rendez-vous était pris de longue date…

Il y a tout juste un an, lors de mon installation au centre ville, je m’étais en effet promis de donner un concert sur la terrasse, face au lac de Louvain-la-Neuve. J’en avais même fixé la date et l’heure: le 24 décembre 2019 au coucher du soleil.

J’en avais ensuite parlé à quelques amis, histoire de sonder leur intérêt pour la chose et leur proposer une association musicale. Parler d’association c’est accepter l’ouverture, l’adaptation et la flexibilité.

Aussi, lorsque Daniel me répond présent avec toutefois une petite réserve («… peut-être pas le 24 juste avant le réveillon car nous avons les enfants à la maison… »), je déplace volontiers le projet à la date du 30 décembre. Ouverture, adaptation et flexibilité vous dis-je… Lire la suite

Ranger, c’est foutre le bordel dans son désordre…

Ce matin-là, je me réveille avec cette injonction en tête: « Mets de l’ordre dans tes affaires!» C’est loin d’être la première fois que cette idée me vient à l’esprit. A elle seule, cette récurrence justifie que je m’arrête un instant sur le sens à donner à cette exhortation. Qu’est-ce que mettre de l’ordre? De quelles affaires est-il ici question?

Et bien, chères lectrices, chers lecteurs, je serais heureux que vous m’éclairiez sur ces questions. Qu’est-ce qui vous viendrait à l’esprit s’il vous était suggéré de mettre de l’ordre dans vos affaires? Allez-y, vous avez la permission de noyer le blog sous vos réflexions !

Merci d’avoir pris un peu de temps pour réfléchir et peut-être même écrire. Je constate que le temps de réflexion et un début de réponse sont stimulants pour moi et permettent à mon esprit de se mettre en marche. Déjà, je me dis que cette invitation ne me vient peut-être pas « si soudainement » que cela en tête. Il doit y avoir un lien avec ce que je traverse actuellement, soit dans mon for intérieur, soit avec mes proches, soit encore avec mes contacts professionnels. Lire la suite